Exposition > Come
to me. Jeannne Susplugas.............................................
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dessins & vidéos

En janvier 2000, Jeanne Susplugas (originaire de Montpellier) exposait dans une galerie sétoise ses premières photographies de jouets démesurément agrandies, ses premières installations mêlant pilules et ustensiles médicaux. Se posait là les prémices d'une recherche en développement perpétuel, sans cesse remise en question, enrichie et approfondie, mais toujours liée à une hésitation : entre l'enfance et l'aujourd'hui.
L'exposition
présentée à la galerie ESCA emprunte son
titre à la dernière vidéo réalisée par
l'artiste, Come to me (hommage à Hans Bellmer). Jeux de miroirs entre
la femme et la poupée gonflable devenue objet de toutes les convoitises,
l'action est filmée en plan fixe où la lenteur du défilement
est accentuée par une bande son aux accents lancinants. Partenaire
de jeu dans des mains innocentes, la poupée, entre des mains adultes,
se transmue en objet de masturbation, palliatif d'un désir frustré et
solitaire.
Les notions de protection et d'enfermement, par l'évocation des éléments érotiques
du quotidien, participent dans le travail de J. Susplugas, de cette capacité à projeter
le spectateur face à lui-même. Les éléments constitutifs
de son oeuvre sont prélevés dans le quotidien : ils induisent
ainsi une lecture universelle renvoyant chacun d'entre nous à une
mémoire et à une expérience individuelles. Cette proximité,
que chaque spectateur entretient avec l'objet mis en scène, permet à l'oeuvre
d'exister et de résonner.
En écho à cette projection, sera exposée une série
de dessins réalisés entre 1999 et 2004 (aquarelles sur papier),
sur les thèmes qui rythment la recherche de l'artiste : l'intime
et la sur-consommation médicamenteuse.
A l'étage, les visiteurs pourront s'installer sur la moquette et
les coussins disposés à cet effet et pénétrer
dans l'intimité de la vidéo Dissolution dans laquelle
une jeune femme tente de retirer le vernis rouge de ses ongles en enfonçant
ses doigts dans un pot en plastique. Le visage est hors-champ, le cadrage
serré sur les doigts et toute l'attention portée sur leurs
mouvements. Appel à la « charnalité » ?
Représentation d'une femme tiraillée entre abandon et résistance ?
Il s'agit pour l'artiste d'illustrer l'image d'une femme séductrice
et esclave à la fois, prisonnière de son corps et du rythme
biologique qu'il lui impose.
Dans le jardin
de la galerie, l'artiste a installé une maison de
couleur rose -The pink house-, tout juste assez grande pour accueillir deux
adultes, ou plusieurs enfants. Une jolie maison noyée dans la verdure,
dessinant l'image douce et chaleureuse du foyer, refuge du bonheur. Mais
méfions-nous ! le rose est parfois trompeur... A ne pas mettre à la
portée de tous. Le soir du vernissage, une performance sera réalisée
par le jeune artiste Ramuntcho Matta autour de ce dispositif.