FIAV.2k3
(Festival d'Images Artistiques Vidéo) > Vídeo
em Tavira [extrait]
par
Eglantina Monteiro........................................................................................
Le
compte rendu de la première édition du FIAV (PAPIERS
LIBRES n°24, avril 2001), je l'ai fait en tant qu'observatrice ; je fais celui-ci
en contrepoint après avoir été l'organisatrice de
la troisième édition, toujours sur le modèle des fondateurs
Roger Bouvet et Abdelkrim Ouazzani.
J'ai imaginé tout de suite que le FIAV pourrait se dérouler en
Algarve puisque le festival a la particularité de voyager entre les deux
rives de la Méditerranée occidentale : Tanger en 2001, Nîmes
en 2002, Tavira cette année, Tétouan en 2004.
Bien que le concept de périphérie soit en perte de sens, on peut
dire sans crainte que l'Algarve, à l'extrême sud du Portugal, est
la périphérie d'un pays très centralisé, lui-même
ballotté entre deux mondes : celui de la consommation au niveau du monde
dit premier et celui d'une production et d'une éducation plutôt
de type tiermondiste.
Ainsi, en assumant l'organisation du FIAV à Tavira, je prenais aussi position
face aux pratiques de (dé)centralisation culturelle - désignation
qui révèle un rapport à sens unique, paternaliste, qui grosso
modo se résume à la présentation en province d'événements
produits à Lisbonne et Porto et, par conséquent, à la « muséalisatio »
des cultures locales. Saluons donc la municipalité de Tavira, co-productrice
du FIAV.2k3, qui lui a donné un ancrage local évident par la durée
augmentée et l'ouverture à d'autres publics.
(...)
Cette année, deux nouvelles participations se sont ajoutées : celles
de l'Allemagne et de l'Algérie, aux côtés de l'Espagne, la
France, l'Italie, le Maroc et le Portugal. Les sélections des 7 pays furent
diffusées dans sept salles équipées de moniteurs. En plus,
l'ensemble des 70 travaux (dix par pays, d'une durée maximale de 10')
défilait sur grand écran dans l'auditorium du Palácio da
Galeria (une belle bâtisse en pierre et chaux aux toits identiques à ceux
des pagodes d'Orient, dont les anciens navigateurs d'ici s'approprièrent
les formes pour leur beauté et leur fonctionnalité) et où se
déroule une programmation en art contemporain dirigée par Jorge
Queiroz.
(...)
...
le FIAV a déjà tenu une promesse : faire circuler les productions
d'art vidéo des artistes de la Méditerranée occidentale.
Lui reste maintenant à élargir son ouverture pour que ces images
en mouvement apparaissent dans toute leurs richesses. Eglantina Monteiro S. Bartolomeu,
Juillet 2003 Sur ce sujet ambigu, voir Eduardo Lourenço, Le Labyrinthe
de la Saudade, Ed. sagres-Europa, Bruxelles, 1987. Les gitans portugais vivent
depuis cinq siècles dans la marge et l'auto-marginalisation. Ce n'est
que tout récemment que quelques familles de cette ethnie font les premiers
pas vers une intégration sans volonté d'assimilation.
